RDUE entre dans une phase plus concrète. Le 4 mai 2026, la Commission européenne a publié plusieurs documents clés pour la mise en œuvre du règlement de l'Union européenne sur la déforestation.

Ces publications comprennent un document d'orientation mis à jour, la FAQ v5, un rapport sur la simplification ainsi qu'un projet d'acte délégué actuellement soumis à consultation publique.
Pour les entreprises concernées, ces documents apportent des précisions importantes sur les rôles au sein de la chaîne d'approvisionnement, les obligations des opérateurs en aval, le régime simplifié applicable à certains petits acteurs, les chaînes d'approvisionnement en bétail, les exportations, les réimportations, les limites opérationnelles du système RDUE et l'évolution possible du champ d'application des produits.
Le message est clair : le cadre réglementaire gagne en stabilité, mais la préparation opérationnelle reste indispensable.
Calendrier RDUE : dates d'inscription confirmées
La Commission européenne confirme les dates RDUE .
Les principales obligations s'appliqueront à compter du 30 décembre 2026 pour les grandes et moyennes entreprises.
Pour les micro-entreprises et les petites entreprises, les demandes pourront être déposées à partir du 30 juin 2027.
Il convient toutefois de souligner une exception importante. Les micro-entreprises et les petites entreprises dont les produits sont déjà couverts par le règlement de l'UE sur le bois, également connu sous le nom d'EUTR, restent soumises à la date limite du 30 décembre 2026, sans aucune dérogation.
Ces confirmations fournissent aux entreprises un calendrier précis. Le cadre réglementaire étant désormais stabilisé, la période de préparation doit donc être mise à profit pour structurer les données, définir les rôles, rassembler les éléments justificatifs et mettre en place les processus nécessaires.
Opérateurs en aval : clarification des obligations
L'un des points les plus attendus concerne les opérateurs en aval.
La version mise à jour du document d'orientation et de la FAQ (v5) apporte des précisions importantes sur leur rôle et leurs obligations. Les opérateurs en aval sont des entreprises qui utilisent ou commercialisent un produit déjà mis sur le marché de l'UE par un autre acteur.
Les opérateurs en aval ne sont pas tenus de procéder à diligence raisonnée nouvelle diligence raisonnée, de présenter une diligence raisonnée ni de vérifier activement que diligence raisonnée bien été effectuée en amont.
Leur rôle consiste principalement à collecter, conserver et transmettre les informations pertinentes. Ils doivent conserver les informations relatives à leurs fournisseurs et clients directs, ainsi que les références DDS reçues de leurs fournisseurs lorsque ces derniers sont les opérateurs qui ont mis le produit concerné sur le marché pour la première fois.
Elles doivent également informer les autorités compétentes si elles constatent un risque de non-conformité.
La logique réglementaire repose donc sur la transmission d'informations de l'amont vers l'aval.
Le premier opérateur en aval qui s'approvisionne directement auprès d'un importateur ou d'un producteur de l'UE reçoit les références DDS. Les acteurs suivants de la chaîne ne sont pas légalement tenus de les collecter activement, bien que certains acheteurs puissent les exiger par contrat.
Pour les opérateurs en aval qui ne sont pas des PME, des contrôles supplémentaires peuvent néanmoins s'avérer nécessaires en cas de soupçons graves et fondés.
L'éligibilité doit être évaluée produit par produit
Le guide réaffirme un principe fondamental : une même entreprise peut assumer plusieurs rôles dans le cadre du RDUE, en fonction des produits, des flux et des étapes de transformation concernés.
Par exemple, une entreprise peut agir en tant qu'opérateur lors de l'importation d'un produit concerné, puis en tant qu'opérateur en aval lorsqu'elle transforme ce produit en un produit dérivé déjà couvert par diligence raisonnée en amont.
Prenons l'exemple d'un importateur de pâte à papier. Lors de l'importation de cette pâte, l'entreprise agit en tant qu'opérateur et doit donc effectuer diligence raisonnée présenter une déclaration de diligence raisonnée (DDS). Si cette même entreprise fabrique ensuite du papier à partir de cette pâte, elle peut être considérée comme un opérateur en aval pour ce produit dérivé, sans obligation d'effectuer diligence raisonnée nouvelle diligence raisonnée les intrants sont déjà couverts.
La règle fondamentale est simple : l'éligibilité doit être évaluée produit par produit, étape par étape, indépendamment des changements de propriété ou des dispositions contractuelles.
Cette analyse est essentielle, car une qualification erronée pourrait entraîner une mauvaise compréhension des obligations applicables.
Régime simplifié pour les micro-opérateurs et les petits opérateurs primaires
Ces nouveaux documents apportent également des précisions importantes concernant les micro-opérateurs et les petits opérateurs primaires.
Dans certains cas, ces acteurs peuvent recourir à une déclaration simplifiée au lieu d'une DDS complète. Cette mesure vise à alléger la charge administrative pesant sur certains producteurs primaires, tout en préservant les exigences en matière de traçabilité.
Il convient également de préciser que la taille de l'entreprise est évaluée en fonction de l'activité liée aux produits concernés, et non nécessairement en fonction de la taille globale de l'entreprise.
Ce point peut avoir une incidence sur le statut de certains acteurs. Une grande entreprise pourrait donc devoir analyser avec précision le secteur d'activité concerné par les produits visés par le RDUE.
La simplification ne signifie pas l'absence d'obligations. Elle consiste plutôt à adapter le niveau d'information requis tout en préservant la nécessité d'établir un lien entre le produit et son origine.
Chaînes d'approvisionnement dans le secteur de l'élevage et de l'alimentation animale : traçabilité renforcée
Les chaînes d'approvisionnement liées à l'élevage font également l'objet de précisions spécifiques.
La traçabilité doit couvrir toute la durée de vie de l'animal, depuis son lieu de naissance jusqu'à l'abattoir, en passant par tous les lieux d'élevage intermédiaires.
Cela signifie que les entreprises concernées doivent être en mesure de fournir des justificatifs concernant les différents lieux où l'animal a été hébergé tout au long de sa vie.
La question de l'alimentation animale est également abordée. Lorsque les aliments utilisés sont eux-mêmes composés de produits relevant du RDUE, tels que la farine de soja, l'opérateur doit être en mesure de prouver leur origine sans déforestation.
Cette exigence montre que la conformité ne concerne pas uniquement le produit final. Elle peut également porter sur des éléments situés plus en amont dans la chaîne de production.
Exportateurs en aval : une précision utile concernant les formalités douanières
Les documents publiés le 4 mai 2026 apportent également des précisions importantes aux exportateurs.
Lorsqu'un exportateur est considéré comme un opérateur en aval, il n'est pas tenu de fournir aux autorités douanières une référence DDS ou un identifiant de déclaration simplifiée au moment de l'exportation.
Cette clarification pourrait se traduire par une simplification opérationnelle pour les entreprises qui exportent des produits fabriqués à partir de matières premières ou de produits déjà mis sur le marché de l'Union européenne.
Cela ne signifie toutefois pas que ces entreprises n'ont aucune obligation. Elles doivent tout de même être en mesure de conserver les informations pertinentes, d'identifier leurs partenaires commerciaux directs et de réagir en cas de risque de non-conformité.
Réimportations : les preuves deviennent indispensables
La Commission apporte également des précisions concernant les produits qui ont été exportés depuis l'Union européenne puis réimportés.
Dans ce cas, les entreprises doivent être en mesure de prouver que les produits avaient déjà été mis sur le marché de l'Union européenne avant leur exportation.
Ces éléments de preuve peuvent inclure divers documents : déclarations en douane, contrats, documents d'expédition, connaissements, bons de livraison, lettres de transport aérien, factures ou tout autre document fiable lié au produit concerné.
Pour les entreprises dont les flux internationaux sont complexes, cet aspect est essentiel. La conformité ne dépend pas seulement de la nature du produit, mais aussi de la capacité à retracer son parcours commercial, logistique et douanier.
Système RDUE : clarification des limites pratiques
Ces nouveaux documents confirment également plusieurs limites pratiques du système RDUE .
Un DDS peut porter sur plusieurs lots ou expéditions, mais il ne doit pas couvrir une période supérieure à un an à compter de sa date de dépôt.
Un seul DDS peut inclure jusqu'à 200 gammes de produits et jusqu'à 10 000 sites de production.
Un formulaire de déclaration simplifié est également en cours d'élaboration pour les micro-opérateurs et les petits opérateurs du secteur primaire.
Ces éléments soulignent l'importance de préparer les données en amont. Les entreprises devront structurer les informations relatives à leurs produits, fournisseurs, sites de production, données de géolocalisation et pièces justificatives avant de les intégrer au système.
Emballages et matériaux recyclés : clarification du champ d'application
Le guide apporte deux précisions pratiques importantes concernant les emballages et les matériaux recyclés.
Les matériaux d'emballage utilisés exclusivement pour protéger, transporter ou contenir un autre produit ne sont pas soumis à la RDUE.
Toutefois, les emballages vendus comme un produit à part entière restent soumis au champ d'application du règlement.
En ce qui concerne les produits recyclés ou les déchets, les produits fabriqués exclusivement à partir de matériaux recyclés ou de matériaux en fin de vie sont exclus du champ d'application.
Toutefois, dès lors qu'une fraction de matière vierge est présente, cette partie reste soumise à la RDUE.
Cette distinction est importante pour les entreprises qui traitent des produits mixtes composés à la fois de matériaux recyclés et de matériaux vierges.
Évolution du champ d'application des produits : consultation ouverte jusqu'au 1er juin 2026
Un projet d'acte délégué fait actuellement l'objet d'une consultation publique jusqu'au 1er juin 2026.
Ce projet prévoit d'éventuelles modifications du champ d'application des produits couverts par le RDUE.
Parmi les ajouts ou exclusions potentiels figurent le café soluble, le cuir, certains dérivés de l'huile de palme, les échantillons, les produits usagés et certains types d'emballages.
Ces modifications ne sont pas encore définitives. Les entreprises concernées devraient donc suivre de près l'issue de cette consultation afin d'anticiper toute modification de leur champ d'application.
Ce que cela implique pour votre mise en conformité avec RDUE
Ces nouvelles précisions confirment un point essentiel : RDUE ne se limite pas au simple dépôt d'une déclaration.
Il s'agit de mettre en place des liens fiables entre les produits, les fournisseurs, les sites de production, les documents, les évaluations des risques et les déclarations réglementaires.
Que vous soyez importateur, transformateur, exportateur ou acteur en aval, votre position dans la chaîne détermine vos obligations précises.
Une qualification erronée peut entraîner des manquements aux obligations réglementaires, une collecte d'informations insuffisante ou l'incapacité de répondre de manière adéquate aux demandes des autorités compétentes.
Les entreprises doivent donc commencer à analyser leurs flux, à définir leurs rôles, à structurer leurs données et à mettre en place leurs processus internes.
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L'objectif est de transformer une exigence réglementaire complexe en un processus maîtrisé, documenté et exploitable.
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Les précisions publiées par la Commission européenne le 4 mai 2026 apportent davantage de clarté sur les obligations à venir. Mais elles confirment également l'ampleur du travail opérationnel à accomplir.
Les entreprises doivent désormais passer de la compréhension de la réglementation à la mise en place concrète de leurs processus de conformité.
Sources officielles
Cet article s'appuie sur les documents publiés par la Commission européenne le 4 mai 2026, notamment RDUE (version 5), le document d'orientation mis à jour, le rapport sur la simplification et le projet d'acte délégué relatif à la liste des produits concernés.
Sources consultées :
- Commission européenne — Document d'orientation concernant le règlement sur les produits sans déforestation, 2026
- Commission européenne — Rapport sur l'examen de simplification du RDUE, 4 mai 2026
- Commission européenne — Acte délégué et document de travail des services de la Commission concernant la liste des RDUE et produits concernés par le règlement sur les droits de douane sur les importations de produits agricoles ( RDUE )
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